L'insurrection libyenne. A qui elle coûte et à qui elle rapporte...

Un éclairage complémentaire sur notre position vis-à-vis de Kadhafi

L'information est passée largement inaperçue. Le régime de Kadhafi, à travers un fonds d'investissement baptisé L.I.A. - pour Libyan Investment Authority - a placé beaucoup d'argent sur les marchés financiers internationaux à partir de 2007. En d'autres termes, dans la spéculation financière. L.I.A. a confié des milliards de dollars aux barons de la finance internationale, parmi lesquelles on retrouve ceux de la Société Générale (SocGen), Stanford, Lehman Brothers et Goldman Sachs. Des choix particulièrement inspirés, surtout en 2007...

Quelques articles dans la presse américaine au mois de mai, ayant rencontré peu d'échos auprès du grand public, relatent les mésaventures du régime libyen dans la jungle de la haute finance. On y apprend, par exemple, que le L.I.A. a perdu la quasi-totalité des 1300 millions de dollars confiés à Goldman Sachs. Je vous laisse découvrir la traduction d'un de ces articles, trouvée sur un site algérien. J'ai pu croiser ces informations sur plusieurs sites américains, anglais et indiens. Je vous propose un lien qui regroupe la plupart des articles sur le sujet (en anglais).

En revanche, je ne suis pas arrivé à trouver la réponse à une question qu'il n'est pas idiot de se poser : lorsque Kadhafi perd près de deux milliards de dollars, ceux-ci ne sont pas perdus pour tout le monde. Qui a gagné l'argent perdu de Kadhafi ?

D'autre part, au risque de choquer par des propos cyniques, je constate que l'insurrection libyenne est tombée à pic. Si elle aboutit à la chute de Kadhafi, avec l'aide partisane des nations occidentales, l'on peut imaginer que cet argent escroqué fera définitivement partie du passé.

A qui profite l'insurrection libyenne ? Actuellement, pas aux insurgés de Benghazi, qui paient depuis plusieurs mois un lourd tribut de sang. Pour l'instant, je ne pressens d'heureux gagnants que de ce côté-ci de la Méditerrannée, et de l'Atlantique. Et je pressens également qu'ils ne doivent pas être très nombreux. Si l'on devait les rassembler, il est probable qu'ils tiendraient tous dans un seul jet privé.