Barbara

La liberté est-elle la fin ?

RDA 1980. Une femme débarque dans une toute petite ville de province. Elle est médecin. Et peut-être dissidente. Elle a fait une demande de sortie du territoire.

Ce film parle d'un temps que les moins de vingt ans...

Le cinéma allemand délivre régulièrement des petites perles. Le quatrième long métrage de Christian Petzold en est une, sans aucun doute possible. Dans le rôle du Dr Barbara Wolff, la magistrale Nina Hoss, que Petzold avait également dirigée dans Yella, aurait pu nous parler de liberté, de rêves de liberté, de la blessure de vivre en cage. Mais elle se tait. "Il est impossible d'être heureux ici", dit-elle simplement à son amant.

Barbara Wolff est comme des millions d'Allemands de l'Est : la dictature communiste l'empêche de respirer, de sourire, de vivre vraiment. Elle veut partir, "passer à l'Ouest". Comme pour des millions de ses compatriotes, son rêve est de gagner un pays démocratique, où il fait bon vivre, où l'on peut s'habiller et se parfumer de manière si délicate, fumer des Rothmans International et porter des bijoux magnifiques. Son amant organise à distance sa fuite. Si tout va bien, elle sera bientôt libre.

Mais pour l'instant, il y a cet autre docteur, André, qui lui pose bien trop de questions, qui s'intéresse de trop près à sa vie. Alors se taire, se terrer, regarder tout autour de soi, ne tomber dans aucun piège.

Et il y a aussi Stella, cette gamine si jeune et déjà déchirée par le système - et ceux qui font le système. Elle a besoin d'aide. Alors panser les plaies de l'enfant, mais continuer à se taire, continuer à se terrer, ne pas tomber dans ce piège-là non plus, plus dangereux encore.

"Barbara" n'est pas un film de plus sur la liberté. Car si celle-ci est une fin, quel sens a-t-elle ? La liberté, pour quoi faire ? Le Dr Barbara Wolff ne se posait pas tant de questions au début du film. Elle voulait juste fuir son pays, gagner l'Allemagne de l'Ouest.

 

"Barbara", de Christian Petzold. Avec Nina Hoss, Ronald Zehrfeld, Christina Hecke, Jasna Fritzi Bauer et Rainer Bock