Bon, c'est pas tout ça mais...

Demain la nation a besoin de mon avis

Arrêtez-moi si je confonds : c'est la deuxième fois qu'on nous fait le coup. On doit aller voter aux présidentielles avec une question claire : "tu préfères perdre une jambe ou un bras ?".

J'ai alors posé une question à Dame Nation : " et il y aurait pas moyen de garder les deux bras et les deux guibolles ?".

"Ah non, dans ta catégorie, il n'y a pas de formule tout compris : 'faut choisir !", qu'elle m'a répondu.

"D'accord m'dame, vous fâchez pas !... Mais... une fois que j'ai fait mon choix, je perds mon bras ou ma jambe comment ? Style au poignet ou à la cheville... ou style plus haut ?"

"Style à l'omoplate ou à l'aine !, il te faudra être fort, jeune Français ?!"

Bon. Alors je vais aller leur dire ce que je préfère. Ça reste un peu embêtant quand même. Si je sacrifie le bras, comment je vais désormais couper ma pizza ou faire mes lacets ? Si je sacrifie la jambe, que restera-t-il de mes promenades au hasard ? Dans les deux cas j'y perds mon indépendance. Ma liberté.

L'horizon.

Plus j'y pense, plus une évidence s'impose à moi : perdre un bras ou perdre une jambe, c'est pareil. J'ai toute la nuit pour réfléchir à ce qui me handicapera le moins.

Le plus dur ne sera peut-être pas de sacrifier une partie de soi. A mon avis, ce sera de se passer de l'horizon. C'est dommage qu'aucun horizon ne se soit retrouvé en lice, pour le choix final. S'il y avait eu un au moins, ne serait-ce que pour justifier les sacrifices.

 

Portrait de Un âne à Nîmes

Arrête, tu me fais mal !

Je suis d'accord sur le fait qu'aucun des deux choix n'est tripant. Mais tu penses vraiment que l'un ou l'autre, c'est PAREIL ?!?

 

Portrait de Franz Bonhomm

A ton avis ?

J'ai écrit cet article pour dire à quel point la jambe est plus importante que le bras, ou vice versa ?

 

Portrait de Guy Damme

La difficulté de tuer son enfant

Je pense comprendre cette impression de "bonnet blanc et bonnet blanc", que beaucoup expriment d'ailleurs. Le tempérament et le style des deux candidats sont certes très différents. Leurs programmes et projets le sont également, sur la plupart des thèmes.

Cependant, à l'heure du choix, les électeurs ressentent confusément qu'au plus profond de leurs affrontements, un point commun les réunit indéfectiblement. En même temps qu'il les oppose à la plupart de leurs concurrents du premier tour. Messieurs Sarkozy et Hollande, produits de la génération Mitterrand-Chirac, anciens lieutenants zélés de leurs chefs respectifs, se sont construits au centre d'un monde nouveau à l'époque, que l'on appelle aujourd'hui la mondialisation.

Flash-back

Contrairement aux idées reçues, c'est François Mitterrand qui en France a ouvert la porte à la mondialisation. Les motivations étaient plus idéologiques que pragmatiques. Le président socialiste nourrissait le rêve d'une Europe unie. Dans ses voiles, il tentait de faire sien tout vent le rapprochant de cet idéal. En cette période, cet idéal était encore immaculé. 

D'abord plus réservée, la droite française a adopté à son tour l'idée de l'Europe, en même temps qu'elle humait les prémisses de ce qui deviendrait la totale liberté de circulation des capitaux, des biens et des personnes. La guerre froide venait de se terminer, un monde nouveau était à réinventer. Un second souffle salvateur pour le capitalisme, essoufflé malgré sa victoire idéologique sur le communisme.

Nicolas Sarkozy et François Hollande ont vécu les premières heures de la mondialisation. Ils étaient de ceux qui l'ont accompagnée, lui ont fait faire ses premiers pas, l'ont vue grandir. Ils ont façonné la mondialisation autant que la mondialisation les a façonnés.

De la coupe aux lèvres

Sur le papier, la mondialisation est un horizon plein de promesses. C'est avant tout la liberté, qui est le plus précieux cadeau que les hommes peuvent s'échanger. Sur le papier, la mondialisation est une belle chose. Il en est de même du communisme. Sur le papier. La libre circulation des capitaux, des biens et des personnes, c'était hier sur le papier. Aujourd'hui et dans le monde réel, que constate-t-on ?

Les capitaux circulent en totale liberté d'ouest en est, et du nord au sud. Promesse tenue, contrat rempli. Personne ne le conteste, et certainement pas les marchés financiers.

Les biens connaissent plus d'entraves que les capitaux. En Europe, tout rentre et tout sort librement. Dans les pays en voie de développement, tout rentre librement, mais leurs exportations sont sous contrôle du monde riche en l'absence de structures suffisantes pour que pays pauvres parlent d'égal à égal avec les pays riches. A ce point de vue, rien n'a changé depuis les guerres d'indépendance au cours desquelles seul le vernis a craqué. Pour ce qui est des Etats-Unis, de la Russie, de la Chine, de l'Inde, du Brésil et des autres pays émergents, ils exportent vers l'Europe sans rencontrer - presque - aucune barrière. Mais dès lors qu'il s'agit de laisser rentrer les importations, le mot d'ordre est "protectionnisme". Comme hier, comme demain.

Pour ce qui est de la liberté de circulation des personnes, demandez ce qu'il en pense au Mexicain Pedro qui louche vers son voisin du nord, demandez au Maghrébin Ahmed, au Sénagalais Mamadou, à l'Ukrainien Youri aux frontières de l'Europe. Ils vous répondront bien mieux que moi. Posez également la question aux partis nationalistes des pays riches.

On le voit donc, les seuls qui n'ont aucun reproche à faire à la mondialisation sont les marchés financiers. Et pour cause ! : la mondialisation est taillée sur mesure pour eux. Qui s'étonnera dès lors que la finance internationale décide désormais de tout, enjambant les frontières, les démocraties, les peuples, et toute valeur incompatible avec l'optimisation des profits à court terme.

Petite fille unique, gâtée et choyée. Adolescente odieuse

Au-delà de leurs divergences politiques, Nicolas Sarkozy et François Hollande ont tous deux nourri la mondialisation, comme tant d'autres, comme nous aussi, à travers nos voix données. Ils sont - parmi d'autres - les parents de cette drôle de liberté. L'enfant devenue monstre n'en demeure pas moins leur progéniture. Comment la rejeter ? Ils ne sont pas des "pourris", ils ne sont pas des "traîtres" pour le peuple de France. Ce sont juste des parents qui ne peuvent envisager de tuer leur enfant et la remplacer par une autre.

Ils ne la tueront pas. Ils pensent qu'il suffit de parfaire son éducation, la cadrer, réparer ses erreurs. Chacun avec son programme, ils sortent les sparadraps pour soigner les victimes des turpitudes de "la gosse". Leurs mesures, leurs projets, leurs promesses, même si d'aventure ils arrivaient à les honorer, n'en sont pas moins des sparadraps. De futiles sparadraps.  A mon humble avis, c'est la raison pour laquelle beaucoup d'électeurs français évoquent avec perplexité le couple Sarkhollande-Hollanzy.

 

Portrait de Edith Paf

Bonjour Guy,

Je n'ai pas votre culture, en revanche, cette "adolescente", il me semble que comme tous les ados; ça va durer longtemps, longtemps et on est mal barrés car on va droit dans le mur.Il n'y a pas de freins..Seuls les conssommacteurs peuvent la freiner mais ils sont eux-mêmes des ados.....

On est dans la mouise, grave!

Portrait de Guy Damme

Légalité Egalité Moralité

L'image de l'adolescente n'est après tout qu'une image, par laquelle je voulais exprimer le fait que la mondialisation est une structure jeune, institutionnalisée depuis moins de vingt ans. De la même manière, cette image me permet d'expliquer mon point de vue : entre les espoirs du début et ce qu'il en est advenu, il y a une distance que beaucoup de peuples ressentent comme une trahison.

Les bénéficiaires de la mondialisation se comportent avec l'arrogance et l'égoïsme dont parfois les adolescents sont capables. Pour l'instant, la seule raison pour laquelle ces agissements amoraux ne basculent pas dans la délinquance réside dans la définition même de la délinquance.

Beaucoup confondent légalité et moralité.

Certains associent ces notions pour servir leurs intérêts personnels et ne ménagent pas leurs efforts pour influencer le législateur. L'argument est un postulat qui devrait constituer le point de départ d'un débat philosophique : "Je fais cela car la loi me le permet. Et si la loi le permet, cela signifie que ce n'est pas une mauvaise chose. Donc une bonne chose". D'autres, beaucoup plus nombreux et n'y trouvant aucun intérêt, font l'amalgame entre légalité et moralité par paresse intellectuelle ou manque d'éducation. C'est précisément cette deuxième catégorie qui permet à la première de naviguer vers les rives les plus monstrueuses de la nature humaine. Personnellement, je ne pense pas qu'une catégorie est exempte de reproches par rapport à la situation actuelle, et l'autre pas.

L'adolescence délinquante

Pour paraphraser un ancien président français, une lutte pour se débarrasser de la racaille est nécessaire. La racaille d'en bas bien sûr, et le législateur en a tracé depuis longtemps le portrait. Et celle d'en haut, dont il est urgent que le législateur définisse plus exactement le profil.

Le premier tour des élections législatives aura lieu le 10 juin 2012. Il y a suffisamment de candidats humanistes à gauche et à droite pour ramener tous ces délinquants juvéniles à de meilleurs sentiments, de gré ou de force. En France pour commencer. Il faut bien commencer quelque part.

Par le passé, notre pays a déjà influencé le reste du monde. Pourquoi en serait-il devenu incapable aujourd'hui ?

 

Portrait de Edith Paf

Capacité!

OUI, je crois que nous pouvons le faire, surtout depuis Dimanche....et puis, il y a l'Islande....

www.youtube.com

C'est le moment ou jamais ! Il faut diffuser cette vidéo et parler autour de soit de ce qui se passe en Islande. Ce qui se passe est historique.