Qu'un sang umpur abreuve Nazillon

Song for Luigi

Des fois, j'envie Luigi, le restaurateur au coin de ma rue. Luigi n'en fait pas mystère, il penche à droite, à en défier les lois de la gravitation. C'est pas compliqué : plus à droite, ce serait illégal ! Quels que soient les problèmes rencontrés par la République, Luigi sait qu'il faut déjà commencer par faire un nettoyage ethnique. Une fois qu'on se sentira un peu plus chez nous, on y verra plus clair et on pourra trancher entre gens civilisés. Trancher, il aime bien l'idée.

En ce moment, Luigi boit du petit lait. Je me demande pour qui il a pu voter au premier tour pour être aussi euphorique. En état permanent d'érection idéologique. Je ne le fréquente pas trop - je ne sais pas pourquoi, ça s'est agencé comme ça - mais la fille des voisins travaille pour lui. Alors je suis un peu au courant de l'ambiance du coin de la rue.

Sarko, il fallait pas lui en parler, il y a deux semaines encore. Et puis là, on dirait que les lignes sont en train de bouger. Il a toujours pas ajouté Sarkozy comme ami sur Facebook, mais les gens peuvent désormais prononcer devant lui son nom, même si celui-ci sonne outrageusement magyar, pas bien de chez nous. Luigi écoute. Il fait la grimace mais il écoute. A mon avis, il commence à accepter l'idée que Sarkozy est un bon Français, mais il veut pas le reconnaître publiquement.

Faut dire que Nicolas ne ménage pas ses efforts pour se réconcilier avec Luigi. Et un petit appel du pied sous la table par ci, et un mot sussuré à l'oreille par là... ils sont mignons tous les deux. C'en est attendrissant. Comme des vieux potes qui se sont perdus de vue et qui se retrouvent.

Des fois j'envie Luigi, le restaurateur au coin de ma rue. La France croule sous les dettes, le taf se barre à l'autre bout du monde, les entreprises rentables ferment leurs portes juste parce qu'un actionnaire dont personne ne connaît le nom, de l'autre côté de l'océan, n'est intéressé que par le profit à très court terme (c'est-à-dire maintenant ; et après : les mouches !), plus rien n'a de sens : ni ce qu'on fait, ni ce qu'on rêve, ni même ce qu'on bouffe. Et Luigi, conforté dans ses convictions par le président de la République himself, a trouvé une solution à tout cela ! Une seule réponse à toutes les questions : clégi les étrangers de France. 'Tain, ce que ça serait bien de ne pas s'encombrer la tête avec des nuances ! Qu'est-ce que ça me reposerait, de ressentir juste de la peur, du mépris et de l'aversion pour tous ceux qui ne me ressemblent pas...

J'en parlais avec un pote, l'autre jour. Luigi... lui non plus, avec un prénom comme ça, il doit pas être gaulois de souche, 100% pur porc. Est-ce que quelqu'un lui a dit que son grand-père ou son arrière-grand-père n'était pour les Français qu'une saloperie de ramasseur d'oranges, une sous-merde de rital ? Notez qu'à l'époque, le terme "rital" - sublimé par le king Claude Barzotti - était aussi bienveillant que "bougnoule" aujourd'hui. Alors une sous-merde de rital, vous imaginez un peu la richesse des échanges entre immigrés italiens et locaux gardois au début du XXème siècle.

Je me suis posé la question. Et si j'allais tailler le bout de gras avec Luigi ? Lui rappeler qu'on est beaucoup à venir d'ailleurs, si on grimpe un peu dans l'arbre généalogique.

Je sais pas... Il a l'air tellement heureux dans son terrain vague de certitudes, j'ai peur de gâcher ce moment d'intense félicité. Je crois que je vais le laisser tranquille. Pour l'instant, il est trop bien dans les bras de son nouvel ami. Et je me connais : je me lasse vite de tenir la chandelle.

 

Portrait de Edith Paf

Pas tout compris, c'est le Frangin de La Peine?

Le gars, y dit qui veut régler le flux d" l'immigration et y parle de L'Afrique et de la Sub-Afrique, qui sont pas des bons immigrés, et que les autes de l'autre côté de l'océan, eux, y veulent pas venir chez nous, ben, je me dis comme ça, ben, c'est sûr, c'est plus facile de traverser la mer entre la France et l'Afrique que de venir à la nage du Canada!!!et que s'ils savaient voler, ben, certains qui vivent aux Etats-unis, y s'raient déjà là!et pis que ceux qui viennent de L'Afrique, y z'ont déjà l'temps de crever dans les cales des bateaux alors que les autes, là-bas, y savent bien qu'on r'trouverait que leur os!

Portrait de Franz Bonhomm

Dans ton texte, un mot qui me choque vraiment !

J'ai lu ton texte ce matin, je l'ai relu ce soir. Au-delà de ta colère, que je veux bien comprendre, je ne peux pas accepter que tu dérapes de la sorte. Quels que soient tes griefs envers les partisans du Front National, il y a une chose que tu devrais enlever de ton article. Elle n'est ni à ton honneur, ni à celui de l'administrateur de Rez-de-chaussée.

 

Portrait de Franz Bonhomm

Cinquième paragraphe, cinquième ligne

Quand tu écris "réponses", tu n'as tout simplement pas le droit de l'accorder au pluriel. Quels que soient tes arguments, je t'interdis de mettre un 's' à "réponse" !

 

Portrait de admin

C'est rectifié

En effet, ce 'S' était intolérable !