Lisez...

Portrait de Guy Damme

Feuilleté de conscience sur son lit d'opulence

Bien que tardive, la prise de conscience de Monsieur Warren Buffett est honorable. Cependant, l'augmentation des impôts sur le revenu des plus riches n'a de réelle efficacité que sur un plan symbolique. En effet, ce ne sont pas les milliardaires qui font la richesse des nations occidentales - loin s'en faut -, mais bien les "simples gens", notamment les classes moyennes, de par l'effet d'échelle. "Faire payer la crise aux riches", c'est-à-dire renflouer les caisses de l'Etat en surtaxant les grandes fortunes est pragmatiquement une ineptie : les riches n'auront jamais assez d'argent pour éponger une dette publique. Il s'agit d'une mesure qui n'est payante que pour des candidats aux élections en mal de vraies idées.

Taxer davantage les transactions financières serait bien plus rentable, mais cela demanderait une concertation et une volonté politique au niveau mondial. A première vue, cela ressemble à une utopie. Mais ne sont-ce pas les utopistes qui font avancer le monde, en poussant la réalité un peu plus près de leur vision ? Toutes les civilisations humaines ont toujours fonctionné de cette manière : en s'approchant d'un idéal sans jamais l'atteindre.

Il n'en demeure pas moins qu'une société peut comprendre et accepter plus facilement les sacrifices économiques qui lui sont imposés si elle a l'impression que riches et pauvres sont sollicités de la même manière. Préserver les nantis en période de crise est contre-productif, car cela engendre des frustrations et des résistances supplémentaires au niveau des classes moins favorisées, et n'en déplaise à celles-ci, c'est là que se trouve l'argent.

 

Portrait de Marek

Mon cher Guy,(si je peux me permettre),

Vous avez très bien résumé la synthèse de ma pensée:riches et moins riches se doivent d'être également sollicités.Merci.