Violences anti-policières, à l'africaine

Portrait de Guy Damme

Le sexe, arme politique féminine

Peut-être avez-vous remarqué en parcourant les commentaires - parfois abrupts - de l'article paru sur Seneweb (site d'actualité sénégalais) qu'il était question d'une grève du sexe décidée par les femmes togolaises. Il s'agit d'une initiative, qui peut nous sembler exotique, de certaines Togolaises pour inciter leurs compagnons à s'élever contre la famille Gnassingbé, au pouvoir depuis 1967. Il s'agit donc d'un sujet tout à fait sérieux: le manque de démocratie au Togo.

Par le passé, d'autres grèves du sexe, toujours des initiatives féminines, ont égréné les frustrations politiques en Afrique et ailleurs dans le monde:

En 2009, une grève des relations intimes a été décrétée au Kenya. Elle n'a pas eu les effets escomptés, loin de là: le pays connaît toujours une instabilité politique.

A plusieurs reprises au cours des années 2002 et 2003, les femmes du Libéria ont tenté de la même manière d'exercer une pression pour que leur pays sorte de l'engrenage de la guerre civile et de la violence. Cela a-t-il été payant ? Peut-être. Le Libéria n'est plus en guerre depuis peu. Cependant, les esprits pointilleux remarqueront que la paix est survenue bien après 2003, bien après la dernière grève du sexe.

En Colombie, pendant dix jours en 2006, les femmes se sont refusées à leurs hommes jusqu'à ce que cesse la meurtrière guerre des gangs à Pereira, capitale de la région du café Risaralda. Avec pour résultat une diminution significative des meurtres, mais à l'instar du Libéria, bien plus tard après la fin de la grève.

Pendant une semaine aux Îles Philippines en 2011, plus de sexe jusqu'à ce que le sud du pays renonce aux violences d'ordre politique (qui étaient surtout des prétextes à des affrontements entre intérêts économiques opposés). L'effet a été rapide: de l'avis même des Nations Unies, les hostilités ont presque disparu, ce qui a permis un retour de la prospérité dans la région.