Bon, c'est pas tout ça mais...

Demain la nation a besoin de mon avis

Arrêtez-moi si je confonds : c'est la deuxième fois qu'on nous fait le coup. On doit aller voter aux présidentielles avec une question claire : "tu préfères perdre une jambe ou un bras ?".

J'ai alors posé une question à Dame Nation : " et il y aurait pas moyen de garder les deux bras et les deux guibolles ?".

"Ah non, dans ta catégorie, il n'y a pas de formule tout compris : 'faut choisir !", qu'elle m'a répondu.

"D'accord m'dame, vous fâchez pas !... Mais... une fois que j'ai fait mon choix, je perds mon bras ou ma jambe comment ? Style au poignet ou à la cheville... ou style plus haut ?"

"Style à l'omoplate ou à l'aine !, il te faudra être fort, jeune Français ?!"

Qu'un sang umpur abreuve Nazillon

Song for Luigi

Des fois, j'envie Luigi, le restaurateur au coin de ma rue. Luigi n'en fait pas mystère, il penche à droite, à en défier les lois de la gravitation. C'est pas compliqué : plus à droite, ce serait illégal ! Quels que soient les problèmes rencontrés par la République, Luigi sait qu'il faut déjà commencer par faire un nettoyage ethnique. Une fois qu'on se sentira un peu plus chez nous, on y verra plus clair et on pourra trancher entre gens civilisés. Trancher, il aime bien l'idée.

En ce moment, Luigi boit du petit lait. Je me demande pour qui il a pu voter au premier tour pour être aussi euphorique. En état permanent d'érection idéologique. Je ne le fréquente pas trop - je ne sais pas pourquoi, ça s'est agencé comme ça - mais la fille des voisins travaille pour lui. Alors je suis un peu au courant de l'ambiance du coin de la rue.

Youpi ! Je fête moi aussi le VRAI travail

Celui que je recherche, par exemple

Je ne vais pas vous pleurer dessus, rassurez-vous. D'autant plus que je le reconnais bien volontiers: je préfère être demandeur d'emploi en France, plutôt qu'au Ghana ou aux Etats-Unis.

Je ne vais pas vous infliger non plus la liste exhaustive de mes efforts pour toucher à nouveau un salaire plutôt qu'une indemnité. C'est mon quotidien et il ne regarde que moi. C'est juste que...

Il y a cinq ans, Sarko était aussi au deuxième tour. Même si en mon for intérieur j'avais autant envie de choisir ce type que de me taillader les veines avec une tronçonneuse thermique, je reconnais que son grand slogan me plaisait : "Travailler plus pour gagner plus".

Juju, un ami qui vous veut du bien


Dessin: Innocent

Une fois par an, c'est mon anniversaire. Et comme je suis pas du genre à bouder mon plaisir, je ne manque jamais de le fêter. J'invite des amis et on se déchire jusqu'à trois heures du mat'. Les fois où le jour J tombe en semaine, il peut m'arriver de reporter la teuf au week-end qui suit. Je suppose que tout le monde fait comme moi.

Tenez : Julien Dray, député socialiste de son métier, a fêté son anniversaire hier, samedi soir, dans un petit resto parisien, où il a invité plein d'amis, dont Ségolène Royal, Pierre Moscovici et Manuel Valls. Très bien, c'est son droit. Vu que le monsieur est socialiste, ça ne me choque pas qu'il ait des amis socialistes.

Mais Juju avait aussi invité - sans le dire à personne - un autre socialiste: Dominique Strauss-Kahn, connu notamment parce qu'il était directeur du FMI il y a un peu plus d'un an. D'après ce que j'ai compris, ce dernier bénéficie actuellement d'un capital sympathie en nette perte de vitesse auprès du PS. Quand les lieutenants de François Hollande ont appris l'arrivée imminente de DSK, ils ont quitté le navire illico.

Et toute la presse française de faire ses choux gras sur l'incident ! Vous vous rendez compte, à quelques jours du deuxième tour de l'élection présidentielle ?!?

Dans tout cela, n'y a-t-il pas quelque chose qui vous heurte au-delà de toute expression ?

44 % qui n'ont rien capté à la marche du monde...

18 % des Français qui souffrent

... et les autres qui portent l'avenir sur leurs épaules

'Faut avouer qu'il est bon candidat, le Sarko ! Même moi, je le reconnais. Vous voyez bien que je suis pas sectaire.

Cela dit, ce qui est ennuyeux dans cette affaire, c'est qu'en ce moment, dans ce pays, on est à la recherche d'un bon président, pas d'un bon candidat. Sinon, Sarko aurait pu compter sur moi. Croix de bois, croix de fer... La prochaine fois, s'ils organisent des élections pour choisir le meilleur candidat parmi tous les candidats aux Candidatures 2012, ma voix lui est acquise.

Je vis ici

 

Je vis dans un pays extraordinairement explosif. Dans le pays où je vis, dans mon pays, une étincelle suffit pour déclencher l'incendie le plus meurtrier. On est différents d'une région à l'autre, on est tellement différents, c'est criant de différences. On y parle d'amour, on y parle de haine. On en parle trop. De l'un comme de l'autre. Dans mon pays, les mâchoires serrées, les poings serrés, les idées serrées, je jauge ceux d'en face et ceux d'en face me surveillent. Qui défiera l'autre, qui dégainera le premier ? Pourquoi me haïssent-ils plus que je les méprise ? Et ils osent parler de sagesse, d'amour et de bonté, ces imbéciles, incapables de comprendre la vraie signification de ces valeurs, que je m'efforce pourtant de leur faire rentrer dans le crâne.

Enfin les voilà !

Les deux candidats au deuxième tour

Parfait, voilà une bonne chose de faite ! Mon pote le peuple a voté exactement comme il fallait au premier tour. Joly 47%, Mélenchon 44%. Quelle meilleure preuve que les Français, peuple visionnaire, se déclarent volontaires pour changer ce monde qui sent le rance.

A présent, les choses sérieuses commencent : projet contre projet, les deux candidats devront présenter aux Français le programme qui saura donner le mieux un sens nouveau à l'avenir.

Voter utile ?

Utile pour qui ?

Il paraît que la campagne présidentielle 2012 est mortelle d'ennui. Il paraît que tous les candidats sont à la masse. Qu'ils ont grasseyé sur tous les thèmes possibles et imaginables, qu'ils ont abordé tous les sujets, sauf les vraies préoccupations des Français. Pour dire les choses comme je les ai entendues, il paraît que cette campagne est... chiante.

Il paraît qu'on s'en fout, puisque de toute façon ce sera Sarko contre Hollande. Les deux nous l'ont dit d'ailleurs, plus ou moins explicitement : "chers compatriotes, pour la France, pour l'avenir de vos enfants, il vous suffit d'aller voter utile et rentrer à la maison en faisant un petit détour pour acheter les croissants du petit-déjeuner".

Oui, c'est une idée, on pourrait faire ça.

Bavarder sur le pont du Titanic

(pour paraphraser un candidat aux présidentielles 2012)

Avec quinze ans de retard sur mes contemporains, j'ai - enfin - vu Titanic de James Cameron, profitant de sa diffusion sur France 2 il y a quelques jours. Au-delà de l'évocation historique, j'ai été frappé par son aspect allégorique...

A l'avant-plan, on y suit une belle histoire d'amour entre deux jeunes gens, la puissance de leurs rêves et toute l'énergie qu'ils opposent aux "forces d'inertie". La vie. En arrière-fond, beaucoup d'âmes embarquées sur un même bateau. Celui-ci dispose de trois étages.

Tout en bas, les voyageurs pauvres rêvant à une vie de merveilles au bout de l'océan. Ils sont parqués juste au-dessus de la salle des machines où d'autres humbles nourrissent en permanence le monstre d'acier.

Au deuxième étage, la petite bourgeoisie savoure l'honneur de faire partie de la traversée sur un bâtiment aussi renommé. L'histoire (celle du film) ne s'attarde pas sur ces passagers, que l'on appellerait aujourd'hui les classes moyennes. Dans le film, ils ne sont que des figurants. L'Histoire (celle des historiens) précise pourtant qu'ils étaient majoritaires sur le Titanic.

Au dernier étage, les belles gens. Les chanceux qui peuvent regarder l'océan d'en haut. Un permanent défilé d'élégance vestimentaire et de belles manières. Le scénario évoquera plus tard l'épaisseur de ce vernis...

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