La vie des quartiers

... d'une ville étrange et hétéroclite

Pays d'Orient, pays d'Occident

Le jeu des différences

... et des ressemblances

Le début de l'année fut plutôt mouvementé de l'autre côté de la Méditerrannée. Peut-être n'est-ce d'ailleurs qu'un début, mais je ne me risquerais pas à la moindre analyse. Les "experts", si chers à Franz Bonhomm, n'ont rien vu venir ; je me garderai bien, quant à moi, de m'improviser analyste politique. Cependant, j'avoue avoir suivi avec passion ces révoltes tunisienne et égyptienne qui ont accouché d'une révolution. Ce qui m'a particulièrement frappé, ce sont les analogies discrètes avec nos démocraties.

Réfléchissons posément...

Avoir

Quignon sur rue

« Vous vous rendez compte, Monsieur Damme, vous rendez compte ? Ils tirent sur des gens qui ont faim ! Ils tuent leurs pauvres là-bas ! Où ils ont lu ça dans le Coran, où ?! Ils vont le payer très cher, c’est moi qui vous le dis, dans cette vie ou après ! ».

Je dis « oui », je dis qu’ils ne l’emporteront pas au paradis. Je ne crois pas au paradis, mais je sais que l’épicier y croit, et c’est ce qu’il a envie d’entendre. Alors je dis « oui », et je rentre chez moi en traversant la place Ravelin, sous la pluie glaciale de cette fin de janvier.

Il y a un jeune gars sous un arbre, appuyé contre sa maison à poignées, sa maison Tati. Tout en soufflant dans ses mains, il me décroche un regard : je ne le soutiens pas longtemps. Il n’a pas l’air commode.

J'entends Relou le ringard et la Beurette

J'entends Relou le ringard chuter

And the winner is...
And the winner is...

Oh le benêt ! A ce niveau-là, c’est même plus de la connerie, ça frise le concept ! C’est pas croyab’ comme y’en a qui peuvent être relous. On en ferait un film comique, le personnage serait pas crédible. D’ailleurs, sur la photo ci-contre, dites-moi si j’hallucine, mais il  a comme un air de Mr Bean.

‘Scusez-moi, je devrais pas m’moquer, il paraît que le gars est réellement amoureux de c’t’allumasse. Et en même temps, pourquoi on en rirait pas ? S’il est vrai que des fois l’amour rend con, le père Florent Goncalves de la Loose devait forcément disposer à la base d’un bon ‘apport personnel’ avant que la petite Yalda ne lui fasse fondre un câble (pas de bol, c’est justement le seul câble qui ne doit pas chauffer quand on est directeur de prison pour femmes).

Carte de voeux musicale

Pour rêver 2011

Chers locataires de l'immeuble,

Je ne sais ce que je dois vous souhaiter après cette première décennie à l'entrée du troisième millénaire, après tous ces voeux anciens qu'elle n'a pas toujours exaucés.

Etant peu doué pour les formules, je vous adresse la virtuosité de Menuhin et Oistrakh, deux violons qui jouent leurs partitions respectives, comme nous jouons les nôtres, chacun dans notre coin. A l'instar de ce concerto de Bach, puissions-nous atteindre, dans nos tentatives de vivre ensemble, ce point de grâce qu'on appelle l'harmonie. L'équilibre.

Que nous y arrivions ou non, je nous souhaite au moins de nous en approcher. Bonne année 2011 à tous.

 

Les blagounettes de Josiane

Halal la la, qu'est-qu'on s'marre !

Y'a pas à dire, z'ont des flèches à l'UMP, du côté de l'Ardèche !!!

V'connaissez Josiane Plantaret ?... Franchement, moi non plus, jusqu'à aujourd'hui. C'est une candidate UMP ardéchoise aux élections cantonales. Enfin, c'est... j'devrais plutôt dire: c'était ! Parce que le père Copé - le taulier de l'UMP - l'a lourdée direct, après les nombreuses blagues racistes qu'elle avait publiées sur sa page Facebook.

Moi, j'ai rien contre les blagues dites racistes : celles qui se moquent des Arabes, des Noirs, des Juifs, des Belges, des Parigots, des Auvergnats, de tout le monde quoi ! Mais il y a une condition, 'faut que ce soit drôle. 

Emeutes en Tunisie

C'est moi, ou ça sent l'allumette ?

... c'est-à-dire le souffre et le sapin...

Tiens tiens… On dirait bien qu’une fois de plus, la dictature et la misère ne font pas bon ménage. N’importe quel régime dictatorial peut maintenir son joug sur son peuple, pour autant qu’il le nourrisse bien. Mais qu’il veille à ne surtout pas faillir à cette garantie de confort matériel. C’est un contrat tacite, mais non-négociable.

Message amical au président de la Tunisie :

Le peuple descend toujours dans la rue parce qu’il manque de pain, et non de liberté d’expression. Ce n’est pas que cette dernière n’a aucune importance, c’est que l’idée de risquer sa vie pour elle n’est pas naturelle. D’autre part, il faut absolument éviter que les intellectuels s’en mêlent et y ajoutent leurs revendications, beaucoup plus gênantes. Avec leur sale manie de mettre la liberté sur un piédestal, ce sont toujours eux qui pervertissent le peuple.

Violents incidents dans les quartiers est : un insurgé nous explique

Les raisons de la colère

Croix Croissant

Plus je réfléchis, plus je trouve que je vis dans une drôle de ville. Hier, il y a encore eu des émeutes dans mon quartier. Comme avant-hier, comme la semaine passée, comme depuis toujours. Aussi loin que je me souvienne, mon quartier a toujours été comme ça.

En tout cas, beaucoup de monde dans cette ville – beaucoup trop de monde à mon goût – s’intéresse à ces quelques pâtés de maisons et ces quelques rues où j’ai grandi et où j’aimerais continuer à vivre ma vie dans le strict respect de la loi de Dieu et des traditions. Un jour peut-être on sera tranquilles, entre nous. On en rêve des fois. Mais en même temps, on ne sait pas vraiment à quoi la paix pourrait ressembler. Alors on continue à la chercher, les armes à la main.

Au fait, je ne vous ai pas dit : je m’appelle Christian, et avec mes potes François, Jean-Marie, Paul, Mathieu, Thomas, Jean et bien d’autres frères, on se bat depuis qu’on est gamins contre tous ces flics venus de quartiers lointains pour nous imposer leurs lois bâtardes. J’ai perdu des proches, tous ceux qui combattent à mes côtés ont perdu des êtres chers. Mais rassurez-vous : dans mon quartier, la vengeance est un devoir, et nous savons comment laver dans le sang chaque meurtre.

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