Rue Gueuse

... malhonnête, malfamée, malformée, mal fréquentée. Malicieuse.

Qui veut noyer son chien

... l'accuse d'être antisémite

Hantissem Mittor
Attention ! Ils sont partout sur Terre, et dans l'Univers !

Petite contrariété en ce début d’année. D’après les derniers standards, je serais antisémite.

Je n’ai rien contre les âmes de confession juive, qu’elles soient de France ou d’ailleurs. Je ne déteste pas l’état hébreu et je ne veux pas que les Arabes rejettent les Israéliens à la mer. Je ne pense pas que la Shoah soit de l’intox. Les chambres à gaz ne me font pas du tout rire, ni fantasmer, pas plus que les camps de concentration, ni aucune autre horreur perpétrée par les Nazis.

Je n’ai pas de haut-le-cœur chaque fois que je vois une kippa. Pas de crise d’hypertension quand je croise un chapeau noir et des papillotes. Le mot « youpin » ne fait pas partie de mon vocabulaire – ni parlé ni pensé – pas plus que « bougnoule », « métèque », « négro », « niak » etc.

Et pourtant, j’ai bien lu la presse, regardé la télévision, écouté la radio, surfé sur le web. Les nouvelles méthodes d’évaluation ne laissent aucune place au doute, tout indique que je serais antisémite. Je ne vais pas vous raconter d’histoire, ça m’embête un peu quand même.

American prayer

 

Seigneur miséricordieux, Seigneur tout-puissant,

Nous prions pour que Tu accueilles ces petits anges innocents. Seigneur, accueille leurs âmes innocentes et pures, ainsi que toutes les autres victimes de la folie de cet Adam Lanza, et que son âme sombre brûle en Enfer. Nous prions pour que les vingt-sept familles frappées par cette tragédie trouvent le réconfort dans la foi et Ton amour.

Nous prions pour que Ta volonté s'exprime, que plus jamais un fou ne s'attaque à des enfants. Seigneur, permets-nous de protéger ce que nous avons de plus cher : nos petits, mais aussi notre liberté, notre Constitution, notre culture. Ne laisse pas les esprits faibles s'égarer. Nous avons bâti la plus belle des nations chrétiennes avec nos mains, nos coeurs et nos fusils.

Le divorce pour tous

 

En ces sombres heures, je m'apprêtais à me fendre d'une oraison funèbre. Un truc poignant, dans le vibrato. A la Malraux, tiens !!!...  Et puis je me rendis compte que non. Il n'y a pas de mot pour exprimer le déchirement que je ressens là, au plus profond de moi-même.

Je me retourne et, en fermant les yeux, je contemple ces dix dernières années. Nous, Français, les appelions les Dix Merveilleuses. UMP mon amour. J'ouvre les yeux et regarde le champ de bataille, jonché de cadavres. Adieu mon amour.

Les petits pains au chocolat n'auront plus jamais le goût que tu leur donnas.

 

Chez Hamza

Le kebab de l'Aller-Retour

L’autre jour, c'était mon anniversaire. 41 ans. Mine de rien, ça commence à faire.

Ç'aurait pu être un jour comme les autres pour moi, sans la double surprise que la providence m'accorda. Que je vous narre, amis...

Je passais un entretien d'embauche. Je postulais à 150 bornes de chez moi, en Ardèche, pas loin de Valence. Je sais ce que vous pensez : ça fait une trotte. En plus, c'est juste un CDD de dix mois. Pourtant j'ai passé l'âge des boulots précaires. Si les grands de ce monde, qui ont façonné notre société de merde, m'avaient posé la question, je me serais pas gêné pour le leur dire. Mais ils m'ont rien demandé. Et en attendant, c'est la crise. Bref.

L'innocence des uns, l'incadescence des autres

L'innocence des Musulmans. Qu'y a-t-il donc dans ce film pour provoquer autant de violence ? Je l'ai visionné sur Internet : j'y ai trouvé des fragments de réponse. Des fragments seulement.

Ce film, puisqu'il faut malgré tout donner un nom à "ça", est un concentré de bêtise crasse. Un enfant de six ans, élevé par des membres de l'aile droite du KKK, aurait pu en écrire le scénario, à considérer qu'il y ait eu l'écriture d'un script avant le tournage. Ce qui ne me semble pas être un fait acquis.

Ce film est un concentré d'insultes puériles, de celles qu'on entend fuser à la cour de récréation. L'affligeante immaturité des dialogues me renvoie une nouvelle fois à la plus grande perplexité quant à l'âge du réalisateur de "L'innocence des Musulmans". Si pas l'âge réel, au moins l'âge mental.

"C'est moi ou ma robe ?"

Ni l'une ni l'autre. Juste tes voisins.

Elle habite dans mon quartier. Je la vois souvent ramener son petit cul dans ma rue où que j'traîne, et allumer tous les mecs en passant devant le café où qu'on est. Faut dire qu'elle est bonne, cette pute. Chez elle, tout est là où qu'il faut que c'est là. Son beau cul, ses beaux bzazels qui bougent pendant qu'elle marche et qu'elle fait sa star comme ça, avec sa jolie petite gueule de salope. Moi, c'est quand elle veut !

Dans le quartier on a tous essayé de la pécho, mais elle fait juste sa Rihanna et après elle fait sa vierge. C'qui la fait kiffer, c'est shefla les mecs. Même que si elle continue, on va se la finir en tournante. Ça lui apprendra à se promener seule.

Petite annonce urgente

Cherche perle rare. Très bonne rémunération

Il y a peu de temps, j'étais à la recherche de personnel. D'un cadre supérieur, très précisément. Ne vous méprenez pas, je ne suis pas un patron du CAC40, loin de là. Je suis un tout petit employeur, comme tant et tant de Français.

Le poste pour lequel j'embauchais n'était pas facile. La personne dont j'avais besoin devait présenter - au-delà de ses compétences techniques - des qualités qui sont difficilement conciliables, tels la probité, le pragmatisme, l'imagination, la clairvoyance, ou encore la prudence. J'étais bien conscient que je cherchais le trèfle à quatre feuilles. Mais pour dégoter la perle rare, j'offrais un salaire hors normes : cette personne allait gagner bien plus que moi, son propre employeur. Et je ne vous parle des nombreux avantages en nature; j'en ai un peu honte, si je les compare à la moyenne des conditions proposées au salarié ordinaire.

Bienvenue en Egypte

Le pays des doigts de l'homme

Peu importe mon vrai nom, mettons que je m’appelle Moundir. Je vis dans la banlieue du Caire. J’adore mon pays, et j'adore la culture de mon pays. Pour ceux qui ne le sauraient pas, nous sommes le berceau de toutes les civilisations.

On a fait une espèce de révolution l’année passée. Enfin, je dis "on"… moi j’y étais pas. Je voyais pas trop l’intérêt. A l’époque, ce qu’on pouvait en retirer, au mieux, c’était des coups de matraque. Au pire des balles. Depuis, le régime Moubarak a été remplacé par ce truc… la démocratie. J’aime bien, mais je vois pas ce que ça change.

Apparemment, la démocratie, ça veut dire que le peuple choisit lui-même ses dirigeants. On a organisé les élections, et pourtant la place Tahrir n’a pas désempli : il y a plein de mauvais joueurs qui prétendent qu’on leur aurait volé leur révolution, que c’est l’armée qui dirige vraiment le pays, qu’on serait loin d’une vraie démocratie, que tanani et que tanana. Franchement, tout à fait entre nous, je comprends toujours pas ce qu’ils veulent, ces gens amassés place Tahrir. Et pourtant, j’y suis tous les jours. Je raterais ça pour rien au monde.

Tonton Bouboule

 

Peut-être en avez-vous entendu parler : ceux qui le côtoient lui donnent du "Monsieur", l'échine courbée, en espérant attirer ses faveurs. Ceux qui ne l'aiment pas l'appellent Tonton Bouboule.

Il importe peu de savoir à quelle catégorie j'appartiens. Laissez-moi simplement vous conter l'histoire de Tonton Bouboule...

Tout petit déjà, il avait un appétit d'ogre. Comme il avait la chance de posséder un beau et grand jardin, où poussaient fruits et légumes en abondance, il passait ses journées à cueillir ce qu'il allait manger, et manger ce qu'il avait cueilli. Avec de tels apports énergétiques, il grandissait très vite. En un rien de temps il devint un grand beau jeune homme : il était pratiquement un géant.

En mai, ne te découvre pas d'un fil

 

Quand j'étais petit, je passais mes vacances chez mes grands-parents, à la campagne. J'étais un benêt de la ville, je découvrais la nature. Pas les géraniums sur la terrasse de mes parents : la vraie nature, celle qui n'avait pas de fin, même si je courais après l'horizon toute la journée.

Je découvrais les animaux. Pas les petits bouts sous vide avec un code-barres collé par-dessus : les vrais animaux, ceux qui bougent, qui bouffent tout le temps, avec les mouches tout autour.

Je découvrais l'hiver. Pas les deux centimètres de blanc un jour par an, qui ne tiennent jamais et qui prennent la couleur de l'eau sale avant le début de la récré : le vrai hiver, celui qui tenait, celui des batailles de boules de neige avec papy autour d'un bonhomme jamais réussi, malgré la carotte pour nez et la casserole renversée en guise de chapeau.

Je découvrais l'été. Pas l'asphalte chaud et les pics de pollution qui me piquaient dans la gorge. Le vrai été, celui du titanesque barrage construit sur le ruisseau avec les autres gamins grands experts en TP, qui avait inondé le potager de papy.

Voilà pour la séquence nostalgie, celle du grand air et des vérités immuables.

Peut-être ne l'étaient-elles pas tant que ça. La nostalgie de l'enfance déforme tout. Peut-être avais-je connu des Noël au balcon et des Pâques au tison, mais je n'en ai aucun souvenir. Je ne me rappelle que des saisons "normales".

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