Vu du canapé

Notre civilisation vidéo-cathodique... contemplations du contemporain...

Cold case

Lily Rush, un flic au bord des larmes

Chaque lundi soir, c'est la sainte messe à la maison : "Cold Case" sur France 2. Dans l'illustration ci-contre, je vous propose le générique du début (pour vous présenter les héros de la série), ainsi que le clip de fin (j'y reviendrai). Je kiffe cette série comme c'est pas permis. Vous savez pourquoi ?...

D'abord pour la fliquette, Lily Rush. C'est une blonde avec de grands yeux humides. Tu la croises au détour d'un zapping, tu t'dis : "elle, la pauvrette, elle a des yeux trop brillants, ça doit être la victime". Non non, elle c'est la justicière. Elle a son équipe, qui est un panel représentatif du téléspectateur moyen. Il y a le beau gosse type latino, jamais chiche pour se mettre sur la gueule avec les méchants. Le gros black placide, qui ne montre jamais ses émotions, même s'il se promène au milieu d'un champ de cadavres. Le gros blanc qui a l'air un peu benêt mais en fait non, pas tant que ça, et qui montre cash toutes ses émotions (à croire qu'il a retenu toutes les leçons des psys dans 'Psychologies'). Il y a aussi la petite gonzesse blackos, mignonne mais discrète dans son coin, que tu sais jamais d'où qu'elle vient et où qu'elle va, mais rien qu'à la mater tu sais que c'est juste quelqu'un de bien, comme dit la chanson. Au-dessus de toute cette fine équipe, il y a le chef : un chauve avec une tête de triste de la vie, genre professeur de comptabilité analytique dans une HEC.

Condom, toi qui délies si bien les langues !

De toutes les télévisions, c’est la télévision publique que je préfère. Et que je vénère. France Télévisions, mon amour ! Et de toutes les chaînes du service public, c’est France 3 qui me donne envie de croire en la vie, de croire en l’avenir, envers et malgré tout. Et parmi tous les programmes de France 3, s’il y en a un que je suis prêt à défendre les armes à la main, quitte à sacrifier ma vie, c’est le 12/13 : l’édition du journal de 12h00 à 13h00.

Le 12/13, mes amis ! C’est le petit rayon de soleil quotidien de ma vie. Ils ont toujours le ton juste, le sujet qui reste à jamais gravé dans nos mémoires, l’actualité qui donne du sens au troisième millénaire. La pertinence portée à tire d’ailes par la légèreté. Vous savez ce qu’est en réalité le 12/13 ? C’est l’espoir en un monde meilleur, quand il ne reste ailleurs que saccage et désolation.

Pub MMA

Mais qui aime Emma ?

Moins tu penses, plus tu déconnnomises

Je vais encore passer pour un caractériel, mais là, c'est coincé dans mon bulbe rachidien, et il faut que ça sorte ! Les pubs MMA, avec les trois blaireaux toujours contents d'être contents, ça me caille sur le jabot ! (comme on dit par chez moi, avec un constant souci d'élégance propre à la région).

 

Si vous le voulez bien, analysons ensemble le spot publicitaire proposé en illustration...

Intérieur jour: couloir d'hôpital. Un des trois blaireaux – appelons-le B1 – s’y déplace dans un fauteuil roulant, affublé d'une minerve cervicale. Subitement, B2 et B3 surgissent de part et d'autre, chacun avec son petit cadeau pour l'infortuné camarade, qui n'a visiblement plus l'usage de ses jambes. Et sa colonne vertébrale aussi a l'air d'avoir dégusté bien comme il faut. Le téléspectateur est en droit d'imaginer des circonstances particulièrement violentes l'ayant réduit à cet état, du style accident de la route avec un 38 tonnes, voire un défaut de signalisation sur un passage à niveau de la ligne TGV Paris-Marseille. Convenons-en, il faudrait avoir un cœur de pierre pour ne pas plaindre le sort de ce pauvre hère, au corps broyé, plus que probablement paraplégique, cloué sur un fauteuil pour le restant de ses jours. Imaginez sa vie désormais: plus jamais il ne flânera dans les bois un dimanche d'été, plus jamais de balade sur la plage, et plus jamais les vagues ne s'échoueront à ses pieds. Pour croiser le regard des autres, il sera dorénavant obligé de lever les yeux. Même Passe-Partout le regardera de haut. Et je vous parle pas de sa dignité, et encore moins de sa virilité... parce qu'avec la colonne vertébrale touchée au niveau des lombaires, c'est l'incontinence assurée (par MMA d'ailleurs). Quant au tchouk-tchouk, eh bé sors ta guitare sèche, et joue-nous encore une fois Quéquette Blues ! Bref. C'est une telle galère, que des fois tu t'demandes ! A chaque fois, ça m'fout un coup, tiens !

Mais là, non.

Pub MMA

Les p'tites pannes

Un sparadrap sur une bite en bois ?

Cette fois, nous n’avons droit qu’à Blaireau #1 et Blaireau #2 ; ils sont assis dans la salle d’attente d’un hôpital, ce qui est dommage, car s’ils avaient été debout, nous aurions pu connaître le fin mot de l'histoire quant à la paraplégie (ou pas) de B1. Tant pis, surtout par rapport à ce qu'on en a à carrer.

B1 et B2 entourent un monsieur d’âge respectable en robe de chambre : tout porte à croire qu’il est hospitalisé. « Alors, ça va ? », lui demande B2. Et le vieux de démarrer aussitôt ses jérémiades : « Ouiiiii, ça va mieuuuuux… à part pour les p’tites pannes… ». Traduction pour celles et ceux qui n’auraient pas compris l’allusion : ‘les petites pannes’, ce sont les défaillances érectiles, c’est quand Gauliath (sic) il fait son syndicaliste SNCF. Bref, le papy fait très très subtilement une confidence à ses jeunes voisins : il regrette le temps où il était raide comme la justice.

Pub MMA

Les pompiers et l'ambulancier

Pin-pon la raison qui brûûûle, pin-pon la raison brûlée

Depuis le temps qu’ils nous attaquent les neurones matin midi et soir, les trois (anti-)héros des pubs MMA nous sont devenus familiers, un peu comme des connaissances qu’on croise de temps en temps. On finit par se demander ce qu’ils font dans la vie, pour être aussi insipides. On pense instinctivement à des espèces de tristes des assurances, voire des obscurs gratte-papiers, en tout cas quelque chose en rapport direct avec des formulaires imbitables.

Dé-trom-pez-vous !

La pub ci-contre nous apprend que B1 est ambulancier, et les deux autres sont pompiers. Autre message quasi-subliminal d’une subtilité rarement atteinte dans notre PAF : le quotidien de nos trois B est de sauver des vies. Altitude et altruisme. On s’incline devant ces gens-là. Respect. Et comment témoigner de la profonde estime qu’ils nous inspirent sinon qu’en écoutant ce qu’ils ont à nous dire ?

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