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Quartier des Arts

Barbara

La liberté est-elle la fin ?

RDA 1980. Une femme débarque dans une toute petite ville de province. Elle est médecin. Et peut-être dissidente. Elle a fait une demande de sortie du territoire.

Ce film parle d'un temps que les moins de vingt ans...

Le cinéma allemand délivre régulièrement des petites perles. Le quatrième long métrage de Christian Petzold en est une, sans aucun doute possible. Dans le rôle du Dr Barbara Wolff, la magistrale Nina Hoss, que Petzold avait également dirigée dans Yella, aurait pu nous parler de liberté, de rêves de liberté, de la blessure de vivre en cage. Mais elle se tait. "Il est impossible d'être heureux ici", dit-elle simplement à son amant.

Place du Tron

 

Bon, ça nous sortira pas de la crise, ça nous fera pas récupérer le triple A, ça nous rendra même pas plus fute-fute.

Mais c'est inventif, et je voulais saluer la performance (malgré la pub au début).

Et puis c'est tout.

 

Ed Sheeran, vous connaissiez ?

 

Moi non plus.

 

J'avais pour projet de finir la semaine avec un bon gros Taratata, qui annonçait en tête d'affiche les Red Hot Chili Peppers, en pleine promo pour leur nouvel album. Je n'ai pas dû m'armer de patience : c'est le groupe californien qui a ouvert le bal.

Pas mal. Professionnel. Propre. Pas de quoi en perdre le sommeil non plus.

C'est finalement un autre artiste qui m'a scotché : un gamin, un petit rouquin qui ne payait pas de mine lorsqu'il s'est approché du micro. On lui aurait filé un billet pour qu'il aille s'acheter un peu de charisme. Mais c'était avant qu'il n'ouvre la bouche.

"Et maintenant, on va où?"

L'humanisme serait-il une part de naiveté, essentielle?

Après avoir raté 'Au revoir', qui n'a pas été sélectionné dans les cinés près de chez moi, j'ai enfin pu me délecter d'un film d'origine étrangère, de Mme Nadine Labaki.

Passant des larmes aux rires, filmé sous le soleil du Liban, ce film me laisse un sentiment inoubliable d'humanité retrouvée.

L'abnégation, le courage, la vie devant la mort. Dans ce joyau, les extrêmes se côtoient, en se laissant la place.

"Melancholia", une-oeuvre-majeure-de-Lars-von-Trier

Se languir de la fin du monde

Un film magnifique. Melancholia est un chef-d'oeuvre qui aurait mérité la palme d'or 2011, s'enthousiasme le Figaro. Libération lui répond, comme en écho : Ce film renvoie les balles au plomb lourd qui étaient celles de Kubrick (2001, bien sûr, mais aussi Full Metal Jacket) ou le Tarkovski opaque de Solaris ou du Sacrifice.

Tarkovski, Kubrick... Excusez du peu.

C'est possible. A moins ce ne soit une énième branlette d'un réalisateur profondément tourmenté dans sa tête, qui gagne sa vie en profitant de ceux qui ne font pas la différence entre profondeur et néant. Je ne suis pas critique de cinéma, mais j'ai vu tous les films de Kubrick, presque tous ceux de Tarkovski et tous les longs métrages de notre ami Lars, à deux exceptions près. Et à tous ceux qui se pâment devant la dernière oeuvre du réalisateur danois, je réponds que, à l'instar de toute sa filmographie, 'Melancholia' est une demi-fumisterie. Pour être précis, j'estime qu'il s'agit d'une fumisterie à 74,22%.

Winter's bone... La belle et les bêtes

Le cinéma indépendant américain est parsemé de petites perles, ci et là, éblouissantes, méconnues... Parmi les derniers trésors made in USA, il y a un bijou intitulé "Winter's bone", à mille miles d'un danger imminent qui menace d'anéantir la Terre, de l'agent secret recherché par les crapules du monde entier ou d'une bande de collégiens crétins obsédés par le cul des collégiennes de leur collège. Dès les premières images du film, on découvre une maison délabrée au fin fond de l'Arkansas. Et puis à côté de la maison, en train de couper du bois, il y a Ree Dolly, une jeune fille poussée de force dans l'âge adulte quelques années trop tôt. Le monde autour est dur, froid, d'une indifférence proche de la monstruosité. Quelque chose des animaux sauvages qui partagent avec les hommes ces forêts infinies. La gamine a beau avoir l'air solide, on ne peut s'empêcher de se faire du souci pour elle, tant elle est seule face au danger...

Et voilà, vous n'en saurez pas plus. Sauf que...

Route Irish : la route la plus chère du monde

J'ai deux heures à tuer, et pas trop le moral. En général, une bonne toile et c'est reparti... Vendu !

Je cherche parmi les films proposés à l'entrée du cinéma : tiens, le dernier Ken Loach ! "Route Irish". Sur l'affiche, un militaire dans la ligne de mire d'un fusil. J'en ai entendu parler, sans plus. Mais le réalisateur britannique m'a rarement déçu. En fait, jamais. En revanche, les thèmes qu'il aborde m'ont rarement remonté le moral. En fait, jamais. Tant pis, je choisis "Route Irish".

Une heure cinquante plus tard, je sors de la salle. Un peu hébété. La sensation de m'avoir pris une baffe.

"Cirkus Columbia" : les derniers cent mètres

... avant le précipice

Je voudrais vous parler du dernier film de Danis Tanovič, le réalisateur de No Man's Land - prix du meilleur scénario à Cannes il y a dix ans. Cirkus Columbia est une histoire toute simple.

1991, un village bosniaque, l'été qui s'installe. Un homme revient au pays vingt ans plus tard, avec sa nouvelle femme, après avoir "réussi" en Allemagne. Plein d'arrogance et de rancune.

Rien n'est immuable, et rien ne disparaît complètement. Les âmes se croisent, se toisent, se défient et s'affrontent. C'est la vie, et ceux qui la font. Un brin de comédie, de la souffrance qu'on tait, l'habitude du presque rien,  un jour un coup au coeur, l'amour. De la colère aussi, toutes ces sens interdits qui se dressent, ceux qu'on transgresse.

Et surtout, il y a les bruits de guerre à la télévision. Ils s'approchent, dit-on. Les treillis apparaissent dans les rues. L'inquiétude monte doucement. Les hommes en parlent à voix basse, mais comment y croire vraiment ? Voyez : l'été est là, les enfants jouent, les jeunes gars roulent des mécaniques devant les filles, un chat s'est égaré, on le cherche... La vie. La paix. Le calme.

Avant la tempête.

Selah Sue

Raggamuffin au féminin

J'ai découvert lors d'un Taratata une artiste, invitée par Moby, qui m'a marqué par son originalité, il s'agit de Selah Sue.

Sa voix à la Macy Gray dans des chansons raggamuffin sur des musiques hip hop jazzy est un délice auriculaire. On peut l'écouter, depuis peu, sur Deezer.

Autre particularité, elle est la preuve que l'on peut être blonde aux yeux bleus et belge, et opérer dans un style habituellement pratiqué par des artistes noirs ou métissés... un peu comme Eminem ou Plan B.

Je vous laisse découvrir.

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