Troubles digestifs

A force d'avaler n'importe quoi...

Qui veut noyer son chien

... l'accuse d'être antisémite

Hantissem Mittor
Attention ! Ils sont partout sur Terre, et dans l'Univers !

Petite contrariété en ce début d’année. D’après les derniers standards, je serais antisémite.

Je n’ai rien contre les âmes de confession juive, qu’elles soient de France ou d’ailleurs. Je ne déteste pas l’état hébreu et je ne veux pas que les Arabes rejettent les Israéliens à la mer. Je ne pense pas que la Shoah soit de l’intox. Les chambres à gaz ne me font pas du tout rire, ni fantasmer, pas plus que les camps de concentration, ni aucune autre horreur perpétrée par les Nazis.

Je n’ai pas de haut-le-cœur chaque fois que je vois une kippa. Pas de crise d’hypertension quand je croise un chapeau noir et des papillotes. Le mot « youpin » ne fait pas partie de mon vocabulaire – ni parlé ni pensé – pas plus que « bougnoule », « métèque », « négro », « niak » etc.

Et pourtant, j’ai bien lu la presse, regardé la télévision, écouté la radio, surfé sur le web. Les nouvelles méthodes d’évaluation ne laissent aucune place au doute, tout indique que je serais antisémite. Je ne vais pas vous raconter d’histoire, ça m’embête un peu quand même.

Chez Hamza

Le kebab de l'Aller-Retour

L’autre jour, c'était mon anniversaire. 41 ans. Mine de rien, ça commence à faire.

Ç'aurait pu être un jour comme les autres pour moi, sans la double surprise que la providence m'accorda. Que je vous narre, amis...

Je passais un entretien d'embauche. Je postulais à 150 bornes de chez moi, en Ardèche, pas loin de Valence. Je sais ce que vous pensez : ça fait une trotte. En plus, c'est juste un CDD de dix mois. Pourtant j'ai passé l'âge des boulots précaires. Si les grands de ce monde, qui ont façonné notre société de merde, m'avaient posé la question, je me serais pas gêné pour le leur dire. Mais ils m'ont rien demandé. Et en attendant, c'est la crise. Bref.

Petite annonce urgente

Cherche perle rare. Très bonne rémunération

Il y a peu de temps, j'étais à la recherche de personnel. D'un cadre supérieur, très précisément. Ne vous méprenez pas, je ne suis pas un patron du CAC40, loin de là. Je suis un tout petit employeur, comme tant et tant de Français.

Le poste pour lequel j'embauchais n'était pas facile. La personne dont j'avais besoin devait présenter - au-delà de ses compétences techniques - des qualités qui sont difficilement conciliables, tels la probité, le pragmatisme, l'imagination, la clairvoyance, ou encore la prudence. J'étais bien conscient que je cherchais le trèfle à quatre feuilles. Mais pour dégoter la perle rare, j'offrais un salaire hors normes : cette personne allait gagner bien plus que moi, son propre employeur. Et je ne vous parle des nombreux avantages en nature; j'en ai un peu honte, si je les compare à la moyenne des conditions proposées au salarié ordinaire.

Tonton Bouboule

 

Peut-être en avez-vous entendu parler : ceux qui le côtoient lui donnent du "Monsieur", l'échine courbée, en espérant attirer ses faveurs. Ceux qui ne l'aiment pas l'appellent Tonton Bouboule.

Il importe peu de savoir à quelle catégorie j'appartiens. Laissez-moi simplement vous conter l'histoire de Tonton Bouboule...

Tout petit déjà, il avait un appétit d'ogre. Comme il avait la chance de posséder un beau et grand jardin, où poussaient fruits et légumes en abondance, il passait ses journées à cueillir ce qu'il allait manger, et manger ce qu'il avait cueilli. Avec de tels apports énergétiques, il grandissait très vite. En un rien de temps il devint un grand beau jeune homme : il était pratiquement un géant.

Bon, c'est pas tout ça mais...

Demain la nation a besoin de mon avis

Arrêtez-moi si je confonds : c'est la deuxième fois qu'on nous fait le coup. On doit aller voter aux présidentielles avec une question claire : "tu préfères perdre une jambe ou un bras ?".

J'ai alors posé une question à Dame Nation : " et il y aurait pas moyen de garder les deux bras et les deux guibolles ?".

"Ah non, dans ta catégorie, il n'y a pas de formule tout compris : 'faut choisir !", qu'elle m'a répondu.

"D'accord m'dame, vous fâchez pas !... Mais... une fois que j'ai fait mon choix, je perds mon bras ou ma jambe comment ? Style au poignet ou à la cheville... ou style plus haut ?"

"Style à l'omoplate ou à l'aine !, il te faudra être fort, jeune Français ?!"

Comme dans les films de John Wayne...

Pas mort ! Blessé à l'épaule seulement

J'ai assisté au duel Sarkozy-Hollande. TF1 et France 2 l'ont d'ailleurs très bien vendu avant même qu'il ne commence. Il ne manquait plus qu'un petit air d'Ennio Morricone.

Et soudain dans la rue un inconnu vous offre des balles.

Du 9 mm.

Qu'est-ce que je peux dire ? Ils étaient tous deux bien armés. Ni l'un ni l'autre n'ont plaint les munitions. Au sortir du duel, ils sont tous deux blessés, mais aucun mortellement.

Hollande n'a pas flingué Sarkozy. Il a flingué Flanby.

Sarkozy n'a pas enterré Hollande. Il a enterré Flanby, lui aussi.

On savait notre président teigneux et pugnace. On le savait moins pour le candidat socialiste. Reste à savoir auquel des deux profitera cette surprise, articulée plus autour du tempérament de Hollande que de celui de Sarkozy. On pourrait penser que la surprise favorise celui qui l'a créée. Pas sûr...

Qu'un sang umpur abreuve Nazillon

Song for Luigi

Des fois, j'envie Luigi, le restaurateur au coin de ma rue. Luigi n'en fait pas mystère, il penche à droite, à en défier les lois de la gravitation. C'est pas compliqué : plus à droite, ce serait illégal ! Quels que soient les problèmes rencontrés par la République, Luigi sait qu'il faut déjà commencer par faire un nettoyage ethnique. Une fois qu'on se sentira un peu plus chez nous, on y verra plus clair et on pourra trancher entre gens civilisés. Trancher, il aime bien l'idée.

En ce moment, Luigi boit du petit lait. Je me demande pour qui il a pu voter au premier tour pour être aussi euphorique. En état permanent d'érection idéologique. Je ne le fréquente pas trop - je ne sais pas pourquoi, ça s'est agencé comme ça - mais la fille des voisins travaille pour lui. Alors je suis un peu au courant de l'ambiance du coin de la rue.

Youpi ! Je fête moi aussi le VRAI travail

Celui que je recherche, par exemple

Je ne vais pas vous pleurer dessus, rassurez-vous. D'autant plus que je le reconnais bien volontiers: je préfère être demandeur d'emploi en France, plutôt qu'au Ghana ou aux Etats-Unis.

Je ne vais pas vous infliger non plus la liste exhaustive de mes efforts pour toucher à nouveau un salaire plutôt qu'une indemnité. C'est mon quotidien et il ne regarde que moi. C'est juste que...

Il y a cinq ans, Sarko était aussi au deuxième tour. Même si en mon for intérieur j'avais autant envie de choisir ce type que de me taillader les veines avec une tronçonneuse thermique, je reconnais que son grand slogan me plaisait : "Travailler plus pour gagner plus".

Juju, un ami qui vous veut du bien


Dessin: Innocent

Une fois par an, c'est mon anniversaire. Et comme je suis pas du genre à bouder mon plaisir, je ne manque jamais de le fêter. J'invite des amis et on se déchire jusqu'à trois heures du mat'. Les fois où le jour J tombe en semaine, il peut m'arriver de reporter la teuf au week-end qui suit. Je suppose que tout le monde fait comme moi.

Tenez : Julien Dray, député socialiste de son métier, a fêté son anniversaire hier, samedi soir, dans un petit resto parisien, où il a invité plein d'amis, dont Ségolène Royal, Pierre Moscovici et Manuel Valls. Très bien, c'est son droit. Vu que le monsieur est socialiste, ça ne me choque pas qu'il ait des amis socialistes.

Mais Juju avait aussi invité - sans le dire à personne - un autre socialiste: Dominique Strauss-Kahn, connu notamment parce qu'il était directeur du FMI il y a un peu plus d'un an. D'après ce que j'ai compris, ce dernier bénéficie actuellement d'un capital sympathie en nette perte de vitesse auprès du PS. Quand les lieutenants de François Hollande ont appris l'arrivée imminente de DSK, ils ont quitté le navire illico.

Et toute la presse française de faire ses choux gras sur l'incident ! Vous vous rendez compte, à quelques jours du deuxième tour de l'élection présidentielle ?!?

Dans tout cela, n'y a-t-il pas quelque chose qui vous heurte au-delà de toute expression ?

Enfin les voilà !

Les deux candidats au deuxième tour

Parfait, voilà une bonne chose de faite ! Mon pote le peuple a voté exactement comme il fallait au premier tour. Joly 47%, Mélenchon 44%. Quelle meilleure preuve que les Français, peuple visionnaire, se déclarent volontaires pour changer ce monde qui sent le rance.

A présent, les choses sérieuses commencent : projet contre projet, les deux candidats devront présenter aux Français le programme qui saura donner le mieux un sens nouveau à l'avenir.

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